Extrait
de COSMÉTIQUE MAGAZINE n°54 (décembre
2004/janvier 2005)
Deux
questions à... Sophie-Odile Crespelle Psychologue
et directrice de Crise Assistance (1)
Quels
traumatismes rencontrez-vous le
plus souvent chez les commerçants victimes
d'agression ?
Le plus
difficile est de retourner sur le lieu de travail. Les symptômes associés
sont les cauchemars, l'irritabilité,
les maux de ventre, la
résurgence de souvenirs pénibles et
l'évitement
de toute situation qui peut, d'une manière quelconque, leur rappeler
le moment de l'agression. Les arrêts maladie sont longs et fréquents
pour retarder le retour au travail.
Que leur dites-vous ? Nous
leur donnons des explications précises sur ce qu'ils ressentent afin
de les rassurer. Le débriefing de deux à trois heures qui intervient
en général entre 48 heures et sept jours après l'agression
est réalisé par des spécialistes avec toute l'équipe
y compris les salariés du magasin absents le jour du délit.
Ces derniers ont en effet tendance à s'identifier aux victimes et à s'imaginer
des choses qui sont parfois pires que la réalité. Cela leur
permet également d'être informés sans craindre d'interroger
maladroitement leurs collègues. Enfin, le débriefing collectif
permet aux victimes de constater qu'elles n'ont pas été les
seules à ressentir de la peur lors de l'agression. Elles se sentent
soutenues et soulagées. Cela renforce considérablement
les liens. On a vu se ressouder des équipes qui ne s'entendaient
plus. Nous assurons aussi un suivi personnel, selon la demande. Nous sommes,
par ailleurs, sollicités pour un soutien psychologique pendant
la procédure judiciaire voire pour un accompagnement de la victime
au tribunal car, bien souvent, elle redoute des menaces ou des représailles
de la part des agresseurs.
(1) Cellule spécialisée
dans la prise en charge psychologique des victimes de traumatismes
dans leur travail.
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